L’allergie aux protéines du lait de vache

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L’allergie aux protéines du lait de vache (APLV) survient généralement au cours des premiers mois de la vie et concerne environ 4 % des nourrissons. L’APLV est une réaction anormale du système immunitaire, qui ne reconnaît pas les protéines contenues dans le lait de vache. Le système immunitaire de l’enfant considère alors ces protéines comme des ennemis à combattre. L’APLV est à distinguer de l’intolérance au lactose, qui est une mauvaise digestion du sucre naturel du lait (très rare chez les bébés mais plus courant chez les adultes).

Mon enfant est-il allergique aux protéines du lait de vache ?

Vous suspectez chez votre bébé une allergie aux protéines de lait de vache ou une autre allergie alimentaire ? Bien entendu, La démarche prudente est de consulter votre pédiatre. En attendant le rendez-vous, voici une liste des symptômes possibles :

  • Digestifs ou gastro-intestinaux : reflux et régurgitations, diarrhées, constipations
  • Respiratoires : respiration sifflante ou bruyante, éternuement ou écoulement nasal, toux persistante
  • Cutanés : urticaire, eczéma, éruptions cutanées
  • Symptômes plus généraux : pleurs, coliques, troubles du sommeil, refus de s’alimenter, stagnation du poids


Si le médecin soupçonne une allergie IgE-médiée, il pourra prescrire des prick tests ou des tests sanguins pour confirmer le diagnostic. Il est également possible de faire un test d’éviction pendant 3 à 4 semaines, c’est-à-dire de supprimer les aliments contenant des protéines du lait de vache (lait, beurre, crème, yaourt, fromage…). Pendant ce laps de temps, les symptômes doivent diminuer puis réapparaître dès la réintroduction de ces aliments. Dans tous les cas, il n’est pas conseillé prolonger l’éviction plus de 4 semaines.

Que faire en cas d’allergie aux protéines du lait de vache ?

Précisons avant tout que l’allaitement maternel restera toujours à favoriser. Aucune restriction alimentaire n’est à envisager chez la femme enceinte et/ou allaitante. Au contraire, de petites quantités transmises au bébé lui seront bénéfiques.

Il existe des laits infantiles à base d’hydrolysats de protéines de riz. Cependant, il n’est pas nécessaire de les utiliser en première intention. Ces préparations s’achètent en pharmacie et sont relativement onéreuses.

Ensuite, la diversification alimentaire ne doit pas être retardée. Elle peut débuter entre 4 et 6 mois, quand votre bébé est prêt.

Enfin, s’il n’y a pas d’antécédents dans la famille et que les symptômes sont sévères, les premiers contacts avec le lait doivent être uniquement par voie orale (et non cutanée). Veillez à protéger la peau du bébé et ne touchez que les aliments qu’il va consommer.

Existe-t-il des allergies croisées ?

L’APLV peut être croisée avec le lait de chèvre et/ou de brebis (plus de 90 % des cas), ces laits sont donc à éviter. Le lait d’ânesse et de chamelle sont parfois tolérés mais ne sont pas adaptés aux besoins nutritionnels des nourrissons.

On observe également une allergie croisée avec le soja (10 à 14 % des cas). C’est pourquoi les laits infantiles aux protéines de soja ne sont pas recommandés avant 6 mois et pas en première intention. Par ailleurs, les « lait-jus » végétaux non-modifiés (soja, amande, avoine…) ont une composition nutritionnelle très éloignée des besoins d’un nourrisson et sont ainsi à éviter avant 3 ans.

Enfin, notons que l’allergie croisée avec le bœuf ou le veau est très rare. Il n’est pas donc pas nécessaire de supprimer la consommation de viande issue de ces animaux.

Et ensuite ?

Sous régime d’éviction, les symptômes de l’APLV disparaissent dans un délai variable qui peut aller jusqu’à deux à quatre semaines. L’allergie disparaît dans 80 à 90 % des cas et la plupart des enfants tolèrent le lait de vache avant l’âge de trois ans.

La réintroduction des produits contenant des protéines de lait de vache se fait d’abord cuit et en petites quantités. Si besoin, il est possible de réaliser un test en milieu hospitalier mais ce n’est pas obligatoire. L’idéal est de respecter au mieux les habitudes familiales pour que tous les membres de la famille puissent manger la même chose.

Toutefois, il semble que des enfants ayant eu une APLV ont plus fréquemment des troubles digestifs après l’ingestion de produits laitiers. Dans ces cas de guérison incomplète, les enfants limitent eux-mêmes la quantité absorbée de ces aliments.

Coline GIRERD, diététicienne psycho-nutritionniste pour une alimentation éclairée

> Pour aller plus loin :

Avis de l’Anses sur les allergies alimentaires, 2018

Replay d’un webinaire sur les allergies chez le nourrisson, 2021 (dans l’onglet « vidéo », il est nécessaire de créer un compte)